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Georges Lucas et le Japon, un Amour Mutuel - épisode 3
Il y a bien longtemps dans une galaxie lointaine, très lointaine...

George Lucas et le Japon, un amour mutuel

Épisode III : De la princesse Leïa à Rey, l'évolution de la femme-samouraï (onna-bugeisha) : 1re partie








Un Big Bang chaotique….

Il y a bien longtemps une galaxie lointaine, très lointaine émerge de l'imaginaire d'un homme et provoque un énorme « Big Bang » dans de nombreux domaines :
artistique
par l’exploitation de nouveaux effets spéciaux, musical grâce à la magie des notes de John Williams mais aussi
culturel
voire
sexuel
.
Une nébuleuse reflet de notre société contemporaine, à la portée universelle (lutte entre le bien et le mal, la liberté et l’oppression), évolutive et emplie de contradictions.
À la structure scénaristique est assez claire, toutefois pas forcément évident pour le traitement de ses personnages, et notamment féminins.

Autant que ne l’a été pour maître Yoda d’assumer sa calvitie, l'hexalogie (épisodes I à VI) portée par des hommes (Anakin & Luke), n’est pas un univers où les femmes ont une place prépondérante, loin de là :



Quelques servantes dont une nommée Sabé (servant de couverture à leur reine (cf. section "Kagemusha) dans La Menace Fantôme ) qui ont droit à quelques lignes de dialogue.
La prélogie (films) fait figurer davantage de femmes jedi, encore que, de manière peu glorieuse. On relève une vieille archiviste jedi acariâtre (Jocasta Nu dans L'Attaque des Clones) , une femme jedi (Aayla Secura) en arrière-plan abattue lâchement par des clones ainsi qu'une jedi en caméo dans l'arène de Géonosis (L'attaque des Clones) qui finit poignardée dans le dos (Shaak Ti) par l'impitoyable général droïde Grieveous dans une scène coupée de La Revanche des Sith.
Ces dernières seront revalorisées grâce à l'univers étendu en abrégé U.E. (séries comme The Clone Wars, comics, jeux dérivés des films Star Wars).


Shaak Ti, la togruta





(Aayla Secura, la Twilek bleu, dans The Clone Wars et le comics "Légendes" Star Wars Jedi : Aayla Secura (2003))


Jocasta Nu

À gauche : Épisode "Le vol de l'Holocron" (The Clone Wars), à droite : le comics Dark Vador : Seigneur Noir des Sith (tome 2)


Complétons ce petit tableau avec une seconde femme leader de la rébellion (Mon Mothma dans le Retour du Jedi), ainsi que la tante bienveillante d’un des héros, Beru (Un Nouvel Espoir), qui sert juste de catalyseur maternel poussant Luke à voler de ses propres ailes (alors que son mari Owen le restreint en le gardant à la ferme pour le protéger, cas typique d'inversion des rôles traditionnels du couple). Sa mort cruelle hors-écran à la Bambi ôte le dernier doute du jeune homme à répondre à l'appel de l'aventure (dans l'épisode 2, Beru fait juste de la figuration).


Beru jeune (Épisode II : L'attaque des clones) et âgée (Épisode IV : Un Nouvel Espoir)


Par analogie Shmi Skywalker, autre mère sacrifiée mais plus exploitée, idéalise le cas de la femme déterminée à arracher son fils de sa condition d'esclave, par n'importe quel moyen, dans l'espoir qu'il ait la vie qu'il mérite.
Réincarnation de la « Vierge Marie » dans cette partie du cosmos, sans compagnon, Shmi est une mère tendre avec son fils pour lequel elle s’inquiète régulièrement en raison de la nature intrépide et spéciale du petit garçon, pilotant à seulement 9 ans des modules de course à grande vitesse.

Pour le garçonnet, arraché - ironiquement - par la Force, incarnée par le jedi Qui-Gon Jinn dans La Menace Fantôme, cette séparation de sa mère est un réel coup de poignard car elle était son univers : construisant un robot (C3PO) pour l'aider au travail et participant à des compétitions mortelles avec le secret espoir que ces dernières les sortiront de cette « prison ».




De son enfance à son adolescence, l'« Élu » s'emploie à devenir un guerrier à la fois pour satisfaire ses "pères", les Jedis, et surtout retrouver rapidement son premier amour.
Malheureusement, la prélogie étant construite telle une pièce de Shakespeare, c'est la Mort qui sera sont lot, Shmi expirant dans les bras de son fils. Elle murmure dans un dernier souffle son amour pour "ce si beau fils" pour lequel elle avait toujours gardé espoir malgré les sévices infligés par les Tusken (traduit en VF par "Hommes des Sables" dans la trilogie originale), des pirates du désert, dans L'Attaque des Clones.



A l'inverse du Conte des Trois Frères dans lequel le benjamin accueille au crépuscule de sa vie la Faucheuse comme une amie, cette perte cruelle et inacceptable marque le premier pas d'Anakin dans son voyage au Côté Obscur. Il massacre la tribu, femmes et enfants compris, et sa haine se mêle à une extinguible culpabilité et une soif inassouvie de puissance qui le consumeront tout au long de son existence même après sa conversion au Mal.
Paradoxalement, son fils Luke découvre, après le crime, les cadavres calcinés de ses parents d'adoption (Owen & Beru) avec lesquels il a toujours vécu et ne cède pas complètement à la vengeance et à la haine (Un Nouvel Espoir).

Tel un yôkai maléfique, le spectre de Shmi hante les pensées du jeune homme jusque sur Mortis dans la série The Clone Wars où Anakin revoit sa mère sous la forme d'une vision de la Force.
En vérité il s'agit du Fils, une déité du Côté Obscur de la Force, avec l'apparence de Shmi lui demandant de renoncer à Padmé – qu' il avait épousé secrètement – remettant de facto en cause ses sentiments et le prévenant qu'elle serait un poison pour lui.
Cet avertissement devient réalité lors des derniers jours de la Guerre des Clones dans La Revanche des Sith lorsque cet attachement émotionnel pousse Anakin à embrasser le Mal en voulant acquérir le pouvoir d’empêcher la mort de Padmé.



("Les grands Seigneurs", The Clone Wars - S3E15)


Plus récemment encore, Shmi apparaît durant une expérience mystique vécu par Dark Vador au sein du Nexus du Côté Obscur sur Mustafar dans les comics Dark Vador – Seigneur Noir des Sith de 2017, continuité directe et canonique de La Revanche des Sith.
L'auteur, Charles Soule, s'amuse à faire souffrir et à nourrir la colère de l'anti-héros, encore jeune Sith, par des images distordues et perverties du passé et du futur. L'« Élu » est, dans cet espace métaphysique, tel l'enfant incestueux du Diable (né de l'union de l'humaine Shmi et du démoniaque empereur Palpatine) !



Shmi est une femme au passé aussi vierge (un peu plus détaillé dans les romans mettant l'accent sur les circonstance de sa mise en esclavage) que l'enfantement d'Anakin (enfin selon ses dires car aucune preuve vient contredire cette affirmation). Figure immatérielle, "déesse" de Joseph Campbell, à laquelle le héros doit s'unir au cours de son voyage, dans son monomythe : « les mythes, contes et légendes du monde entier sont tous, sans exception, issue d'un seul et même schéma narratif, lui-même étant le fruit des structures de la psyché humaine ».

Aux yeux d'Anakin, elle est aussi précieuse que l'anneau unique rendant fou son porteur dans Le Seigneur des Anneaux, d'où l'emballement des scénaristes pour coucher sur le papier leurs idées les plus farfelues, au milieu de ce torrent de pensées paradoxales qui s'entrechoquent à ce passage important de la vie de l’anti-héros. Elles sont de la sorte induites des références mythiques, à peine dissimulées, miroirs fantasmagoriques et déformants de nos démons intérieurs.

Le développement satanique de Shmi dans l'U.E. est une référence directe à un autre personnage-clé, du parcours initiatique mis en place par Joseph Campbell soit la "femme tentatrice" : La conscience du héros à augmenté et il peut discerner la vérité et ses perspectives subjectives corrompues par la chair.
De l'avis du rédacteur, on peut y voir une allusion à la Nure-onna, un yôkai qui ressemble à une créature amphibie avec la tête d'une femme et le corps d'un serpent.

Être monstrueux assez puissant pour écraser les arbres avec sa queue et se nourrit des humains.
L'une de ses techniques favorites est de prendre la forme d'une femme en détresse, sollicitant l'aide les pêcheurs, les marins ou toute personne de passage, et portant un bébé caché dans une couette. . Lorsque la proie s'approche, une nure-onna le supplie de tenir son bébé un instant pour qu'elle puisse se reposer. S'il accepte et prend le baluchon, celui-ci devient rapidement aussi lourd qu'un rocher, et sa victime est incapable de bouger. La créature est alors libre d'attaquer sa victime impuissante, en drainant son sang avec sa longue langue serpentine.



L'univers étendu (U.E.) de Star Wars joue grandement dans la mise en valeur des héroïnes de la saga, pourtant minorées par leurs homologues masculins si on ne considère que les films.
A l'occasion de la sortie de son film Strange Magic , George Lucas avoua : « J’ai fait Star Wars pour les garçons de 12 ans. J’ai trois filles, et je lisais Le Magicien d’Oz à ma fille tout le temps, et j’ai juste pensé que je ferai un [de ces films d’aventures] pour les filles, parce que vous n’êtes pas censés faire des films pour filles (I did Star Wars for 12-years-old boys) ».

Il n'est donc guère étonnant que les premiers épisodes aient ̶e̶s̶s̶a̶y̶é̶ (y a pas d'essai ) échoué lamentablement aux fameux test empirique de Bechdel qui vise à démontrer la "mysoginie" d'un film en prenant en considération le temps de présence d'une femme à l'écran, la durée de ses dialogues, le sujet de conversation (sans rapport avec un homologue masculin) et ses interactions avec les hommes.
Sur la trilogie originale (1977 - 1983) : « En dehors de Leia, le temps de présence de femmes à l'écran pour ces trois épisodes s'élève à 63 secondes selon un décompte effectué par le New York Magazine. C'est ridicule » s'écrit Célia Sauvage, docteure en études cinématographiques et audiovisuelles.
La prélogie (1999-2005), quant à elle, fait un peu mieux avec la figure de Padmé, mais reste néanmoins très discutée.

L’ascension des figures féminines dans la saga s'est faite sur le tard et de façon non fortuite : elle a répondu à des demandes de plus en plus insistantes des femmes. Ainsi en 2014, une mère britannique s’est aperçue que la Princesse Leia ne faisait même pas partie des figurines proposées aux enfants.
La campagne virale #WeWantLeia amènera finalement la princesse Leia dans les magasins de jouets. Cependant l’ambiguïté du positionnement de la compagnie demeure. Il faudra en effet recommencer en 2016 avec #WhereIsRey, alors que les tenues des princesses Disney trouvent systématiquement leur place dans les rayons destinés aux petites filles.

Autrefois minoritaires, Star Wars s'est peu à peu enrichi, dans ses films et séries télévisées ou animées de personnages féminins aux caractères bien trempés, des combattantes auxquelles plusieurs générations (filles et garçons) ont pu s'identifier, loin des clichés (en vogue dans les années 1950 - 1970) de la super-héroïne affriolante à la Barbarella (1962, empruntant ses traits à la comédienne Brigitte Bardot, fer de lance de la bande dessinée adulte et de la libération sexuelle) ou Red Sonja (version féminine et sensuelle de Conan le Barbare) ou de la groupie suivant au pas de course un héros bellâtre.


(De gauche à droite : Barbarella, Red Sonja, Rey dans l'épisode IX : L'Ascension de Skywalker

Navré l'auteur de ses lignes est un faible XD)


Déjà amorcé avec Le Réveil de la Force et l'apparition de Rey en tant que dernière figure centrale de la saga Skywalker (épisodes I à IX), le virage vers une meilleure représentation des femmes atteint la vitesse-lumière dans Les Derniers Jedi avec 7 protagonistes importants !
Intrépide, autonome et franche, n’hésitant pas à s’opposer aux traditionnels héros masculins, la « femme-samouraï de l'espace » dépasse son simple état d'adjuvante pour devenir une icône à part entière.
Une vision progressiste et en progrès tout au long de la saga (preuve qu'on peut encore mieux faire) qui, à l'image des Jedis, prend pour modèle un personnage romancé et historique du pays du Soleil Levant : la onna-bugeisha.





Onna-bugeisha, femme-samouraï


Tomoe Gozen (1157 -1247) au Jidai Matsuri, un des trois plus importants festivals traditionnels de Kyôto.

En costumes traditionnels japonais, quelques deux mille intervenants retracent l'histoire de la ville à travers les grandes époques du Japon.


En général, la société des Samouraïs était dominée par les hommes, mais il apparaît dans l'histoire que des femmes Samouraï possédaient un esprit aussi combatif et un sens de l'honneur, identique aux hommes.
Le statut de la femme japonaise, à travers les âges, a évolué graduellement jusqu'à aujourd'hui. Il est encore difficile pour elles de s'affirmer en tant que citoyenne, épouse et mère en raison de clichés toujours présents.

L'effigie que l'on retient le plus souvent de la femme japonaise est régulièrement celle d'une silhouette élégante, enveloppée dans un kimono épais qui l'oblige à marcher à tout petit pas. On imagine une geisha raffinée qui sert le thé, joue du koto, fait la conversation ou une femme au foyer, appelée Kani et Okusan (Personne dans les recoins intérieurs de la maison) qui s'occupe de la maisonnée attendant sagement le retour de son mari après une épuisante journée de travail.

Reléguées au second plan des livres d'histoire, faute à une littérature peu dense, l'épouse du samouraï ne semble avoir eu d'autre choix que de briller d'un faible éclat dans l'ombre des hommes et d'être utilisée comme un pion pour des mariages politiques pour obtenir une paix toute relative pendant les guerres claniques nippones.
L'influence grandissante de la philosophie confucianiste au XVIe siècle, dont la morale laisse peu de place à ce qui n’est ni homme, ni viril, a de surcroît contribué à forger ce tableau discriminant en plaçant l'épouse dans une position dévote, passive et calme.
Jusque-là prédominait un autre courant, le shintoïsme qui imaginait la femme comme co-créatrice de l’univers, au centre névralgique de son fonctionnement et lui attribuait des rôles importants (gardiennes, prêtresses, déesses (kami), esprits (yokai), messagères).



La relation de couple des mariés ressemblait à celle entre un seigneur et un vassal. « Les époux et les épouses ne dormaient même plus ensemble. Le mari allait retrouver sa femme pour faire l'amour et retournait après dans sa chambre »
(Kallie Szczepanski, A Long History of Japanese Women Warriors).
Ce cliché dévalorisant de la gente féminine, qui a longtemps perduré, est néanmoins une interprétation à la fois partielle et partiale de la réalité.

Bien qu’assez rares effectivement, il a bel et bien existé des femmes-samouraïs, membres de la classe bushi, mi-guerrières mi-nobles, dénommées onna bugeisha.
Ces combattantes pouvaient, elles aussi, partir au combat pour protéger leur village, notamment lorsqu’il n’y avait pas suffisamment d’hommes pour défendre le territoire. Comme eux, elles portaient une arme spécifique : le naginata soit une arme proche du Fauchard (faux de guerre) à lame courbe. Rey tient un équivalent comme nous l'avons souligné dans notre chapitre ("L'habit fait le samouraï").
En outre, elles étaient aussi formées à l’art du combat (kendô) et à l’archerie équestre.



Elles avaient parfois aussi à la ceinture un kaiken, un sabre plus court que le katana (manié exclusivement au début par les hommes puis progressivement distribué aux femmes).




(Fanart d'une femme samouraï avec un sabre japonais dit Wakizashi)


En terme de technique, les femmes-samouraï maîtrisaient, depuis leur plus jeune âge, le Tantôjutsu, l'ensemble des techniques au couteau. Cela englobe l'auto-défense (avec un couteau et contre un couteau), le travail en équipe (combat et technique) et les manipulations en solo. Cet art martial existe toujours aujourd'hui et est devenu mixte. Pour garantir la sécurité des sportifs, les lames sont émoussées, en bois ou en plastique. Les lames métalliques sont quant à elles utilisées dans des formations plus avancées et dans certaines démonstrations.



La première onna-bugeisha connue serait la légendaire impératrice Jingu (peinture ci-dessus) qui, après avoir provoqué des changements économiques et sociaux dans la société japonaise, aurait conquis la Corée vers l’an 200 sans verser une goutte de sang selon la légende.
Si son existence est sujet à controverses, elle est néanmoins la première femme à figurer sur un billet de banque japonais en 1881 !

Mais c’est surtout durant l’époque de Kamakura (1185-1333), début de l’âge des guerres claniques nippones, que les onna-bugeishas ont le plus servi.
Tomoe Gozen est une de celles-ci et envisagée comme la meilleure et première représentation de la femme-capitaine, à l’époque des Minamoto, louée pour son charisme et ses prouesses martiales. On disait d'elle qu'elle maîtrisait parfaitement le katana.

« D’une force et d’une adresse rare à l’arc, que ce fut à cheval, que ce fut à pied, le sabre à la main, c’était une guerrière capable d’affronter démons ou dieux et qui seule valait mille hommes. »

- Heike monogatari ou Le Dit de Heiké, chronique poétique narrant la lutte entre les clans Minamoto et Taira au XIIe siècle de notre ère pour le contrôle du Japon

Elle aurait également selon la légende fondé sa propre école pour apprendre aux femmes à se battre. Il faut néanmoins attendre la venue du Shogunat Tokugawa au milieu du XVIIe siècle, moment-clef dans l'acceptation sociale des femmes au Japon qui se concrétise par la prolifération des écoles pour femmes au maniement du naginata.



Autre femme guerrière notable, Nakano Takeko (ci-dessous), qui commanda une troupe de 30 personnes, exclusivement composée de femmes pour défendre le le château de Wakamatsu, du clan Aizu pro-shogun face aux partisans de la restauration impériale en 1868. Surpassés par une armée de plus de 20.000 hommes , les 3000 Samourai Aizu mobilisèrent toutes les personnes pouvant utiliser une arme. C'est ainsi que Nakano Takeko créa l’Armée des Femmes (appelée Jôshita) qui furent même à la tête de plusieurs clans, bien qu’elles dussent probablement supporter le sexisme de l’époque !



Ces histoires et figures légendaires de femme-samouraïs renaissent, à travers l’imaginaire fertile de nombreux mangakas et artistes japonais; et inspirent nombre de personnages de la pop culture japonaise comme Princesse Mononoké ou Nausicaä de la vallée du vent en animation par leur double héritage noble et guerrier; l'épéiste Erza Scarlet alias Titania / la Reine des fées (Fairy Tail) ou le général Olivier Mira Armstrong dit la "Reine des Glaces" (Fullmetal Alchemist Brotherhood).





De même, l'empreinte de ces femmes guerrières a également imprégné la culture cinématographique et le jeu vidéo.



Ichi, la femme samouraï, film chambara de 2008



Yae Niijima, experte en armes à feux et héroïne de la série Yae No Sakura (2013)


Guerrière ou geisha, déesse ou matrice, mère ou femme, la femme-samouraï défie la raison et devient elle-même allégorie sublimée récemment par la fresque musicale de Pierre Thilloy qui a dirigé l'Orchestre National Avignon-Provences. Sillonnant l’Asie Centrale, l’Amérique latine ou le Moyen-Orient, cette partition a été l’occasion pour le compositeur de ‘mondialiser’ son art avec des thèmes chers comme le drame de la migration, l’exil, les guerres occidentales.



La femme samouraï



Figure de l'émancipation féminine, l'onna-bugeisha rappelle que l'idéal universel du samouraï n'est pas soumis aux restrictions du genre et est toujours vivace. Disparue dans les faits avec la Restauration impériale de Meiji, la femme-samouraï subsiste dans un imaginaire, mais aussi et avant tout dans des valeurs de cœur.
Brandir un sabre, auparavant accessoire physique, devient métaphorique.

De la même manière dans Star Wars, si les deux premières trilogies n'ont que la princesse Leia et la sénatrice Padmé pour héroïnes fortes, la troisième a remis au goût du jour l'importance des femmes dans le cadre du space opera en modernisant, avec Rey pour personnage principal, le mythe de la femme samouraï (onna-bugeisha).


Nakano Takeko (1847-1868). Photo de 1800 & Rey rônin, Nikolas Draperivey


Au regard de la science-fiction des années 1950-1970, semblable à la féodalité nippone, celle-ci ne laisse que peu de place à la sexualité et aux femmes. Le genre n'offre qu'une vision stéréotypée, manichéenne, de facto sans nuance de la gente féminine, soit elle est un ange du côté du héros soit elle est dans le camp adverse et carrément démoniaque.' La saga étoilée a offert de nouvelles perspectives en créant des personnages féminins forts qui ont énormément évolué à chaque épopée.



A suivre, dans le prochain épisode :
De la princesse Leïa à Rey, l'évolution de la femme-samouraï (onna-bugeisha) : Partie 2



Retrouvez tous les épisodes de cette série : George Lucas et le Japon, un amour mutuel
> Épisode I : Aux origines de Star Wars, un duo mythique
> Épisode II : Les Jedis, Les samouraïs d'une autre galaxie
> Épisode III : De la princesse Leïa à Rey, l'évolution de la femme-samouraï (onna-bugeisha) : 1re partie
> Épisode IV : De la princesse Leïa à Rey, l'évolution de la femme-samouraï (onna-bugeisha) : 2ème partie
> Épisode V : Le Bushidô de maître Yoda : 1ère partie
> Épisode VI : Le Bushidô de maître Yoda : 2ème partie

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Le 14-08-2021 à 16:02:02 par : Bubu (Rédaction), Matchoss (Correction et publication)

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