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Cutie Honey : chroniques d'une icône de la japanimation
Cutie Honey,
Chroniques d'une icône de la japanimation, façon Nagai.



Il y a quelques mois, je vous parlais de Go Nagai, dans un article consacré à sa vie et à son œuvre. Au sujet de cette dernière, j'avais présenté Devilman, Mazinger Z et UFO Grendizer comme les 3 séries phares de l'auteur.
Mais j'avais omis (oui volontairement, donc en fait je devrais pas dire « omis ») de parler d'une autre série importante dans l'œuvre de Nagai : Cutie Honey, alias Cherry Miel (pour les francophones).

Cutie Honey est un dinosaure (un dinosaure bien roulé certes) de l'animation. On la découvre dans les années 70, pour la retrouver dans les années 90, et finalement encore une fois dans les années 2000 dans des OAVs et un film live.
À l'instar de notre Johnny Hallyday (que vient-il faire sur un site parlant de japanimation ?? ;)), Cutie Honey incarne la longévité et l'intemporalité des mangas.

Il est temps de vous présenter cette grande demoiselle de l'animation japonaise.

Initiales C.H.

Nous sommes dans les débuts des années 70. Le Flower Power des Sixties s'essoufle, le disco débarque. Go Nagai est un jeune mangaka qui cartonne avec Devilman et Mazinger Z, des séries formatées pour un public de garçons. C'est dans ce contexte qu'apparaît sur les petits écrans une héroïne toute fraîche, aux formes savoureuses et aux attitudes sulfureuses : Cutie Honey.

Devilman Cutie Honey


La diffusion de Cutie Honey commence en octobre 1973 pour s'achever en mars de l'année suivante.
La série contiendra 25 épisodes, dont autant d'histoires et d'aventures. Niveau narratif, Devilman et Cutie Honey se ressemblent en tous points, ou presque. Il s'agit toujours du même schéma : au début, tout va bien, puis déboule un méchant (en principe plus fort que celui de l'épisode précédent) envoyé par les forces du mal (dans Devilman, c'est Lord Zenon qui les envoie, dans Cutie Honey c'est Sister Jill), le héros se transforme et lui met sa pâté, la vie reprend son cours normal, tout le monde est content. :)

Ainsi, on peut dire que l'intérêt scénaristique est assez limité dans Cutie Honey, comme il l'a été dans Devilman. De même, comme Devilman, l'animé est très sensiblement édulcoré par rapport au manga.

Mais alors pourquoi une telle popularité ?


On est dans les années 70. Les séries de super héros explosent, c'est l'âge d'or des Tokusatsu (Gekko Kamen, Kamen Rider, pour ne citer qu'eux). Le public aime les super héros plus que jamais et les vilains méchants (vilains dans le sens vraiment laid du terme).
À la télé, la plupart des héros de cette époque sont des hommes et Go Nagai a été bien inspiré quand il a créé Cutie Honey. Cette série a comblé au bon moment un gros manque dans l'animation, un manque de personnages féminins au caractère bien trempé et avec des super pouvoirs.

Mais notre héroïne n'est pas pour autant porteuse d'un nouveau créneau comme l'a été Mazinger Z par exemple. En effet, Cutie Honey ne connaît pas de "copies", "d'ersatz" ou de suites avec un succès comparable. Cette série est unique dans son genre.

Le cinéma avait sa Brigitte Bardot, son icône de la femme libérée et croqueuse d'hommes.
L'animation japonaise avait Cutie Honey.

« Et Dieu créa Cutie Honey »

Vous l'aurez compris, Cutie Honey n'est pas une série comme les autres.
Alors que le genre magical girls s'adresse à la gente féminine, Cutie Honey s'adresse plutôt à des garçons. Le public visé montre bien l'unicité de cette série, car jamais ou rarement on aura vu des animés de filles pour garçons (exemple : Dirty Pair, deux super nanas, mais à vrai dire c'est les mecs qui regardent).

Je vais essayer de vous démontrer en quoi Cutie Honey s'adresse aux garçons.

D'abord, c'est une jeune femme tout ce qu'on a de plus libérée.

Libérée physiquement :
Elle n'a plus de parents, elle vit dans une école privée pour filles et pourtant elle fait ce qu'elle veut. Elle sèche les cours quand elle veut et montre envers ses professeurs une désinvolture à toute épreuve.

Libérée sexuellement :
Elle n'a pas de copain, en vérité, elle s'en fout des mecs. C'est un peu le mythe de la féministe dure : je suis une fille, pas besoin des mecs pour vivre.

Ne vous fiez pas aux apparences, le mec n'a aucune chance avec elle !


Ensuite, c'est une femme qui présente plusieurs visages :
En tant que Kisaragi Honey, elle est la jeune fille timide, innocente. Mais en tant que motarde elle est la fille fonceuse, en tant que chanteuse, c'est son côté saltimbanque qui ressort, en tant que journaliste c'est son côté curieuse de tout, etc etc.
Avec toutes ces différentes facettes, Cutie Honey est la femme parfaite et représente à elle seule toutes les fantasmes masculins de part son polymorphisme.


Les différents "personnages" de Cutie Honey qui sont autant de caractères et d'attitudes. De gauche à droite : la femme élégante au cigare, la journaliste, la chanteuse de cabaret, Kisaragi Honey, l'hôtesse de l'air, la motarde, et l'ombre de Cutie Honey.


Ce fantasme féministe se retrouve aussi dans le regard porté par les autres personnages féminins sur Kisaragi Honey. Ses copines de classe l'idolâtrent, en sont folles. Sa prof principale, Mme Alphonne, fantasme sur elle et n'a de cesse de lui faire des avances.


Miss Alphonne fait jouer ses atouts pour séduire notre héroïne !

Cutie Honey, icône du lesbianisme ? Peut-être bien.
En tout cas ses relations ambiguës avec les femmes de la série et son désintérêt physique pour le principal personnage masculin, le journaliste Hayami, vont dans ce sens.


Quand la Directrice s'y met, gare aux fessiers !


Ce qui est sûr c'est que cette imagerie lesbienne qui transparaît dans la série n'est pas pour déplaire aux hommes.


Cutie Honey est fait pour un public masculin, et ce n'est pas le fait que le manga originel fut publié dans un magazine shônen (Shônen Champion) qui le contredira !

L'effet du temps sur Cutie Honey


Cutie Honey a-t-elle beaucoup changé avec le temps ? Physiquement ? Est-elle devenue défenseuse des animaux comme Brigitte Bardot ?

Comme tout personnage culte, Cutie Honey a eu son lot d'adaptation et de différentes versions.

L'originale, c'est la série de 1972.
Kusaragi est blonde et porte toujours une robe orange.

La suite, c'est Cutie Honey Flash, série de 39 épisodes produite de 1997 à 1998.
Là c'est le changement
radical
.


Cutie Honey, version Sailormoon, version "je suis amoureuse de plusieurs mecs et je sais pas quoi faire, vite mon magazine OK Podium !!"

Fini l'ambiance early seventies, nous sommes bien dans les années 1990, une décennie terne en matière d'animation et cette série vient le confirmer. Cutie Honey est toujours blonde mais elle fait horriblement Sailormoon, le chara design a changé. Les personnages gravitant autour d'elle ont perdu tout charme, toute saveur.
En fait, le gros problème (oui c'est un gros problème) c'est qu'on s'est servit de la franchise Cutie Honey pour faire un manga et un animé pour jeunes filles. En gros, on a voulu faire un shôjo, alors qu'à l'origine il s'agit bien d'une série pour garçons libidineux.
Pire, on a voulu faire de Cutie Honey une magical girl typique, elle n'est plus une androïde mais une simple nana avec des super pouvoirs.
La question qui se pose c'est : mais pourquoi Go Nagai a-t-il laissé faire ça ??

Finalement, 2004, la résurrection.
Le 24 août 2004 sort le premier OAV d'une trilogie baptisée Re: Cutie Honey.



Et là on ditmerci ! Merci d'avoir redonné vie à notre Cutie Honey. On retrouve les ingrédients de la première série, avec des graphismes plus rénovés. L'ambiance kitsch des late sixties est belle et bien là. Pour les puristes de la série, ces OAVs représentent la parfaite adéquation entre respect de l'œuvre originelle et mise au goût du jour.
Étant donné qu'il s'agit d'OAVs, c'est-à-dire des animés destinés à la vidéo, il y a plus de liberté que pour une série TV par exemple. C'est ainsi qu'on retrouve dans Re : Cutie Honey beaucoup de plans osés, sexy, bref de la nudité à tous les étages. :)
Cette dernière production aura certainement permis de rassurer les fans puristes et de rapidement faire oublier Cutie Honey Flash.

Pour l'année 2004, nous sommes pas en reste puisque c'est également l'année de sortie du film live.

Une chose est sûre, elle porte très bien le costume de Cutie Honey !

Ce dernier est réalisé par Hideaki Anno, le co-fondateur du célèbre studio Gainax, et réalisateur chevronné (Fushigi no Umi no Nadia et surtout Evangelion).
Notez que le film a connu une première française le 6 novembre 2004 dans le cadre du festival de Science-Fiction des Utopiales à Nantes.

Bref, Cutie Honey est une vraie starlette devenue icône, sauf que nous ne sommes pas à Hollywood mais au pays du soleil levant, et dans le monde de l'animation qui plus est. Voilà trente ans que Go Nagai l'a créée, et grâce à la bonne volonté de certains, les fans ont eu la chance de redécouvrir cette héroïne dans de très bons OAVs et un film live tout à fait à la hauteur.

Icône de la féminité façon japanimation, Cutie Honey est certainement ancrée dans l'inconscient collectif de tous les amateurs du genre.

Le 27-01-2005 à 21:45:57 par : GohanSSJ

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