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« Cowboy Bebop » en musique : une autre façon de voyager dans l’univers de la série




Session #1 : un blues céleste pour Asteroid Blues



Ça y est ! Te voilà enfin assis à côté de la fille de tes rêves ! Elle est niveau 48 sur Archimonde, encore un peu noob mais tellement adorable quand elle te raconte ses mésaventures de donjons depuis le patch 4.0.3. Ce soir, c’est chez toi que ça se passe ! Tu lui as sorti le grand jeu, P’tit Lu, bières bios et Cowboy Bebop. Elle connaît ! Elle a déjà vu deux fois, mais elle craque « totale » sur Faye ! Elle adore Ed, elle sait tout, elle te le jure, mais, quand arrive le titre, elle te dit : « Pourquoi ça s’appelle Asteroid Blues ? » En ton for intérieur, tu jubiles : tu la tiens, la coquine ! D’un air geek détaché, le bras passé assez haut, tu lui fais : « Ben, tu sais, en fait, tous les titres des épisodes viennent de chansons ou de groupes, y a même des labels évoqués et, encore mieux, on cite le titre d’un film du grand Bébel, tu vois, genre, hein, t’es complètement love de moi, hein ? » Tes yeux pleins d’amour croisent son regard, et voilà que tu t’approches d’elle, ta bouche frétillante d’émotion comme une truite à peine pêchée quand elle te lance : « Ouais, OMG… tiens, ça commence, prends un P’tit Lu, Émile, si, si, si ! »




Mais laissons là ce drame de la vie quotidienne et revenons à Asteroid Blues. Première « session » — aussi première allusion au monde de la musique — de l’aventure Cowboy Bebop, le titre fait fortement référence au style musical mélancolique. Mais les facétieux créateurs de la série ont la réputation d’être plus subtils. Les astéroïdes, corps célestes, pourraient donc flotter au son du jazz d’Andy Bey et de son dont les paroles très simples pourraient définir cet épisode :



« C’mon meditate, let’s contemplate
Talk to the heavenly bodies
Of the universe
I got to be free, my spirit’s telling me
Free from all the things that I don’t really need
My mind is made up, no turning back for me
Must move with the tides… move straight ahead people…*
 »

« Allons, méditons, contemplons,
Conversons avec les corps célestes
De l’univers
Il faut être libre, me rappelle sans cesse mon esprit
Libre de toute chose dont je n’ai réellement besoin
J’ai pris ma décision, il n’y a pas de marche arrière
Je dois suivre les marées… devancer les hommes… »


« Move straight ahead people… » peut aussi s’entendre comme « Avancez… » (en interpellant des personnes).

Le vaisseau de Spike, le Bebop, fait évidemment référence au style de jazz nerveux inventé dans les années 1940. À savoir que nombre de personnes férues de musique ont souvent fait remarquer que « hardbop » (un autre courant du jazz, plus revendicatif) aurait été un terme plus adapté à l’ambiance générale de la série — parce qu’il mélange des influences rhythm and blues avec des sections rythmiques plus marquées, des lignes de piano, du saxophone —, mais le fait est qu’en anglais Cowboy Hardbop aurait donné lieu à des jeux de mots graveleux…

Autre référence que l’histoire rappelle souvent : le film Desperado, de Roberto Rodriguez, un des opus relatant l’histoire d’un mariachi (chanteur musicien populaire mexicain) en quête de vengeance. D’ailleurs, en vous passant simplement cette , il y a de fortes chances que le « Let’s play! » d’Antonio Banderas et la musique vous rappellent quelque chose…

Dernière allusion musicale, les trois petits vieux, Antonio, Carlos et Jobim, sont une référence directe à Antonio Carlos Brasileiro de Almeida Jobim, musicien-compositeur brésilien très célèbre, qui fut l’un des inventeurs de la bossa-nova.

N.B. — De nombreuses autres références ont été volontairement laissées de côté pour privilégier l’aspect musical de la saga.



Session #2 : entre cow-boy et chien errant



« Les enfants, les enfants, s’il vous plaît ! Billy ? Billy, s’il te plaît ! Billy !
— Oui, m’dame !
— Qu’as-tu dans la poche, Billy ? Est-ce que c’est une arme ?
— Non, m’dame, c’est un caillou. C’est mon caillou.
— Pourquoi as-tu un caillou dans la poche, Billy ? Tu veux déclencher une émeute, c’est ça ?
— Non, m’dame, c’est parce que c’est mon caillou, c’est mon roc. Le roc à Billy, m’dame, voyez ?
— Non, jeune homme, tu es perturbé. Apporte cet objet à mon bureau, et ne croise surtout pas mon regard.
— Si, m’dame, le « roc à Billy », c’est de la musique. Mon frère, il m’a dit qu'c’est des groupes comme Ma D’Naisse…
— Non, non, tu es un peu foufou. Apporte le caillou et apprends un peu, petit asticot cérébral.
— OK, OK !
— Bon, les enfants, je vois bien que vous êtes des moules en musique et que vous écoutez du Calogérard tout le temps, du rap hardcore — c’est très sale — avec des femmes nues. Mais vous ignorez qu’il y a eu une époque glorieuse où les êtres humains écoutaient de la musique convenable, le rockabilly et le ska, et ça n’a rien à voir avec vos connaissances microscopiques. Pour illustrer mon propos, je vais prendre un dessin animé, petits nabots ! Comme l’épisode 2 de Cowboy Bebop qui est passé jeudi dernier. »

C’est ainsi qu’un bel après-midi de printemps se transforma en quelques minutes en un calvaire digne du bagne de Cayenne.



Mais intéressons-nous à Stray Dog Strut, la deuxième session de Cowboy Bebop. Le titre reste une référence à la chanson Stray Cat Strut, des Stray Cats, groupe de rockabilly culte qui remit en l’espace de deux petites années la banane au goût du jour.

Le rockabilly, c’est avant tout un style qui nous vient de l’Amérique des années 1950. Genre du rock, cette musique est l’assemblage du rock-and-roll et du hillbilly, ce dernier terme faisant référence à la musique country. Popularisée par Elvis Presley, elle finit pourtant par disparaître au milieu des années 1960, malgré les efforts de l’Angleterre, reprenant pour quelque temps le flambeau. Mais, comme rien ne se termine jamais, un mouvement de renaissance point au début des années 1980, porté entre autres par les Stray Cats, que nous avons déjà évoqués, un groupe américain installé en Angleterre qui explose les hit-parades avec trois titres phares, dont le fameux .


On retrouve dans l’amorce de cette deuxième aventure du space cowboy une allusion aux paroles de la chanson et, même si le sens général n’est pas respecté, on saisit bien l’atmosphère :

« Ain’t got enough dough to pay the rent
I’m flat broke but I don’t care

[…] Yeah, don’t cross my path

[…] I don’t bother chasing mice around
I slink down the alley looking for a fight »

« Pas assez de ronds pour payer le loyer
J’suis à sec mais j’en ai rien à cirer »

« […] Hé, croise pas ma route »

« […] Ça m’intéresse pas de courir après les souris
Je me glisse dans les ruelles pour chercher la bagarre »



Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, notre ami Spike, sans le sou, se retrouve à courir après un criminel qui a dérobé dans un laboratoire un animal très coté pour des raisons mystérieuses. Dans cet épisode apparaît un des personnages principaux de la série : Ein, le chien. Au menu : cavales dans les rues d’un trou perdu, quiproquos multiples et personnages truculents.

Mais soyons honnêtes, même si l’épisode se regarde très bien, on ne peut pas dire que le scénario tienne la route (il comporte même ce qui peut être interprété comme une erreur). Peu importe, car c’est l’amusement qui compte, et les références drôles foisonnent : Abdul Hakim, le criminel, est l’incarnation de Kareem Abdul-Jabbar, grand basketteur des années 1970 et 1980, ennemi de Bruce Lee dans Le Jeu de la mort (ça tombe bien, Spike pratique le jeet kune do).

La marchandise qu’Abdul doit livrer porte le nom de code Snoopy, référence à la bande dessinée de Charles Monroe Schulz, mais aussi, si l’on tient compte des musiques composées pour l’épisode et des morceaux dédiés aux personnages de la série comme Bad Dog no Biscuit ou Doggy Dog, allusion au chanteur de rap Snoop Dogg.

La cavale incroyable se fait sur le ton de la comédie : une foule de chiens attirés par des ultrasons envahit les rues de la ville, avec Spike en chasse, suivi d’Abdul Hakim. Et il fallait, pour habiller les images, une musique qui puisse jouer de façon joyeuse sur les séquences burlesques de course-poursuite. Rien de mieux pour cette occasion qu’un mélange de jazz big band et de ska, un autre style musical né en Jamaïque qui, comme le rockabilly, connaîtra deux temps : une brève vie dans les faubourgs de Kingston, avec des pièces de toute beauté, et une renaissance en Angleterre au début des années 1980, avec comme fer de lance les Specials et les très populaires . Cette seconde période met en valeur les cuivres, qui claironnent dans la bonne humeur, des paroles simples et joviales, et un style de danse très libéré (avouez que c’est bien une des rares fois où vous pouvez faire la sans avoir honte). Tout ça un peu comme Cowboy Bebop, au final : une belle série, qui ne cherche pas spécialement à se prendre au sérieux, qui raconte juste l’histoire de gens un peu paumés dans la vie… qui ont des ennuis. Ce n'est pas une odyssée, et la survie du monde ne repose pas sur leurs épaules. Contrairement à d'autres œuvres, tout ne finit pas systématiquement dans un bain de sang, loin de là…


Comme proposé au début, chers space cowboys, vous pouvez réagir à ces deux articles sur
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Le 06-06-2011 à 17:44:54 par : Theig

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