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| Lady Oscar (1986) | |
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| Synopsis | L'histoire de Lady Oscar débute en 1755, dans le Royaume de France. Le Colonel de Jarjayes, très proche du Roi, attend son 6ème enfant ou plutôt son 6ème fils. Cependant, l'enfant qui naît n'est finalement pas un garçon. Le Colonel refuse cette situation et refuse l'idée même d'avoir encore une fois une fille...il décide donc de considérer cet enfant non comme une fille, mais bel et bien comme un garçon. Il le baptise ainsi Oscar François.
Quelques années plus tard, en 1769, Oscar est une adolescente de 14 ans qui s'habille comme un jeune homme et manie parfaitement l'épée. Son père l'a en effet toujours destiné à devenir un grand responsable de le Garde Royale. L'occasion de le devenir arrive enfin: Oscar peut devenir Capitaine de la Garde Royale mais pour cela elle doit battre en duel un autre prétendant. Finalement, elle y parvient sans difficultés. Toutefois, sa victoire n'a pas été guidée par sa volonté de devenir Capitaine, elle semble plutôt avoir fait cela pour prouver qu'elle ne sait pas fuir devant les défis. Elle refuse de porter l'uniforme militaire. André, son plus fidèle serviteur veut l'aider à choisir sa voie: devenir une vraie femme (dire non) ou oublier à jamais sa féminité (accepter le poste).
Oscar accepte finalement de devenir à 14 ans Capitaine de la Garde Royale, sous l'autorité de la toute jeune Marie-Antoinette.
- GohanSSJ - |
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| Critiques | Dans cette France de 1755, le colonel de Jarjeyes attend son 6éme enfant : pére de 5 filles, il espére que le petit dernier sera un garçon qui pourra prendre sa succession et perpétuer l'illustre tradition militaire de la famille. Le destin, toujours farceur, lui donnera une autre fille. De dépit, il décidera de l'élever comme un homme et la prénommera Oscar François... 14 ans plus tard, Oscar est devenue une bretteuse émérite qui ne manie pas moins bien les revolvers et les fusils. Les relations de son pére auprés du Roi Louis XV lui permettent, grace à son passé illustre de soldat fermement dévoué à la Couronne de France, de faire entrer Oscar dans la Garde Royale avec le grade de Capitaine. Oscar se retrouve ainsi "garde du corps" de la jeune princesse tout juste arrivée d'Autriche pour épouser le futur Louis XVI afin de sceller définitivement la paix entre deux nations qui se sont trop longtemps fait la guerre aux dépends de leur population respective. Entre Oscar et Marie-Antoinette naîtra une amitié indéfectible qu'on verra peu à peu ternie par les magouilles de la noblesse et à laquelle l'Histoire mettra un point final de la maniére qu'on sait...
Si l'auteur du manga original, Riyoko Ikeda, est un monument du genre, cette histoire-là est une piéce maîtresse de son oeuvre. Aprés avoir été un énorme succés de l'édition, Versailles no Bara fut adapté au théâtre en 1974 par la troupe exclusivement féminine Takarazuka pour plus de 600 représentations, mais aussi en série télé à la fin des 70s qui connut par la suite une réédition en long-métrage. Le réalisateur français Jacques Demy en fit aussi un film, mais c'est une autre histoire. La série fut diffusée en France dans le défunt (heureusement...) Récré A2 et eut suffisament de succés auprés des jeunes téléspectateurs pour qu'on puisse avoir droit à la série compléte de DVDs chez IDP. Croyez-moi : c'est une trés bonne chose parce-que cette série est de la pure balle.
Shoujo, mais aussi drame et roman historique, Lady Oscar explore une époque charniére de l'Histoire de France sans fioritures ni concessions et tout le monde en prend pour son grade. Si au début les choses sont présentées comme on s'y attend (méchants nobles profitant des faveurs du Roi qui opprime le pauvre peuple sans défense), les événements prennent peu à peu une apparence plus mitigée, moins manichéenne et, pour être honnête, particuliérement instructive pour ne pas dire passionnante : les véritables connards de l'Histoire, Robespierre en tête de liste, y sont montrés tels quels -à leur façon profiteurs d'une conjoncture particuliére qui leur a permis de réaliser leur coup d'état et s'emparer ainsi du pouvoir- avec le même tarif pour les victimes, Louis XVI et Marie-Antoinette se trouvant parmi celles-là -pour la simple et bonne raison qu'on ne leur a jamais vraiment demandé leur avis, au moins au début, et que le systéme sclérosé de l'Ancien Régime ne leur laissait finalement que trés peu de marge de manoeuvre, leur éducation psycho-rigide au sang bleu roi étant leur premiére "excuse".
Le spectateur naïf et un peu bon enfant découvrira une Cour Royale faite de complots et de magouilles en tous genres tous plus mesquins les uns que les autres, où l'honneur de la noblesse n'est plus qu'un prétexte pour de viles joutes de prestige et d'apparat afin de tirer le plus de jus possible de la vache à lait que représente le pays affamé. Ce n'est pas franchement mieux du coté du peuple où les basses classes sociales font de leur mieux pour se rapprocher de cette Cour des Damnés afin d'en récolter le plus d'avantages possibles dans le plus total mépris de leur prochain, famille comprise. Dans ce décor affligeant de connerie humaine, se croiseront des personnages historiques et d'autres fictifs pour le plus grand bonheur de ceux qui aiment les relations psychologiques et sentimentales tortueuses...
De son coté, Oscar fait de son mieux pour rester un officier intégre et irréprochable. Mais ce n'est pas simple de devoir jouer au bonhomme quand on est une fille, et dans ces temps troublés où le prestige de la noblesse s'étiole davantage à chaque jour, elle a un sacré boulot ! Entre les complots de Madame Du Barry -maîtresse de Louis XV et par conséquent "Reine" de France de facto- ou ceux du Duc D'Orléans -cousin du Roi et donc héritier potentiel de la Couronne au cas où il arriverait malheur à l'Héritier- elle comprend rapidement qu'il y a quelque chose de pourri dans le Royaume de France : cette initiation douloureuse aux moeurs abatardis de la Cour fera progressivement pencher son coeur vers le peuple dont est issu son fidéle ami d'enfance André, servant de la famille de Jarjeyes. Inutile de préciser de quel coté elle se trouvera pendant le crescendo final, vous avez compris ; la maniére, par contre, apportera son lot de surprises et c'est là qu'on verra un dénouement trés attendu mais malgré tout surprenant de la longue disposition des piéces sur l'échiquier durant les 40 épisodes de la série.
Mais il n'y a pas que les luttes de pouvoir car l'amour tient une place prépondérante dans ce récit (bah vi, c'est écrit par une fille...) : que ce soit l'amour non-récompensé de Oscar pour le Comte Fesner de Suéde dont l'affection, pourtant interdite, va à Marie-Antoinette qui n'a pas le droit de la lui rendre, ou bien les sentiments tout autant proscrits de André pour la fille de son maître, ce théme-clé de l'histoire est ici brillament mis en scéne et tout aussi bien orchestré sans pour autant tomber dans le larmoyant soporifique des séries US bon marché. Les événements prennent ainsi une dimension tragique inattendue dans ce genre de contexte historique, et qui finira mal. Trés mal...
Au cas où vous auriez pas capté, j'ai été conquis : le manga a été édité en deux gros volumes de prés de 1000 pages chacun il y a quelques années et un 3éme tome est prévu pour debut septembre. /me va se faire une commande de groupe ^^
- Guilhem |
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| Note de la rédaction | Pour plus d'infos, visitez la page sur le site d'IDP consacrée à cette série: ici.
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Lady Oscar © 1979 IKEDA Riyoko / TMS
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