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| Kemono no Souja Erin | |
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| Titres alternatifs | 獣の奏者 エリン
The Beast Player Erin
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| Synopsis | Dans un monde où les guerres pour la conquête d’un territoire sont légions, l'empire de Ryoza qui est gouverné par une reine réussit à vivre dans la prospérité. Si ses frontières sont souvent menacées, elles ne sont cependant jamais franchies grâce à la stratégie du Grand Duc qui dirige l’armée. Cette dernière a un avantage majeur puisqu’elle est la seule à pouvoir utiliser des bêtes sauvages et colossales appelées Toudas durant les affrontements.
Les Toudas sont élevés dans le village d’Aka situé à l’intérieur du royaume, bien loin des champs de batailles. Soyon y vit avec sa fille Erin qu’elle élève seule depuis la mort de son mari et a pour mission de soigner les Toudas. Étant née dans le village de Kiri, avec sa fille elles ont la particularité d’avoir les yeux verts ce qui ne leur attire pas la sympathie de certains villageois. En regardant sa mère travailler, Erin tente d’apprendre tout ce qu’il faut savoir sur les Toudas afin de pouvoir exercer plus tard le même métier qu’elle. Cependant, la jeune fille comprendra vite qu’élever des Toudas n’est pas aussi jovial qu’elle le pense et que cette tâche contient sa part de risques. Elle sera alors partagée entre son amour pour eux et les règles du village qui veut s’en servir comme « armes de guerre ».
-Syaoran-
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| Critiques | Après le succès de Seirei No Moribito, il semblait normal que les productions I.G fassent de nouveau confiance à Mme Uehashi Nakoto pour adapter une de ses autres œuvres en animé. En vérité, la surprise vient surtout du fait que l’histoire de Balsa s’inscrivant dans la lignée de la série « Les Gardiens » qui s’étale sur pas moins de sept romans, nous nous attendions plus à découvrir la suite de ses aventures plutôt que de voir arriver sur nos petits écrans une toute autre création de l’auteur écrite en 2006 et intitulée Kemono no Souja Erin. Censée viser un public plus jeune avec ce récit, il semble alors intéressant de voir si la fibre littéraire de l’auteur pouvait de nouveau capter notre attention.
Le premier étonnement lorsque l’on découvre la série est basé sur le choix de IG concernant le style graphique employé. On a la sensation d’avoir des dessins oldschool avec ces décors et ces paysages crayonnés en pastel ainsi que ce chara-design simplifié dépourvu de multiples détails. Outre le fait que l’on s’habitue dès les premières minutes, cette légèreté graphique confère une certaine authenticité à l’œuvre et surtout une ambiance à la fois unique et nostalgique. Notons au passage que les nombreuses scènes d’affrontements menant à de véritables massacres du côté humains sont sous forme de dessins abstraits afin de ne pas heurter la sensibilité des plus jeunes. Difficile dans ces conditionss de critiquer le choix original de IG qui semble coller à la perfection au registre narratif employé par l’auteur pour son récit.
S’étalant sur une longue durée, l’histoire de Kemono no Souja Erin est découpée en plusieurs arcs, chacun décrivant un passage de la vie d’Erin. Ainsi, nous allons suivre toutes les phases d’évolution de cette dernière en commençant par sa petite enfance, en compagnie de sa mère, pour terminer au moment où elle aura 19 ans. Au premier abord, au sein du village d’Erin prédomine une ambiance d’insouciance et de bien-être mais de par l’existence des Toudas et des guerres incessantes à la frontière du territoire, il ne faudra pas longtemps au spectateur pour comprendre que derrière cette apparente innocence se cache un univers laissant la place belle aux drames qui se révèleront sources de bon nombre de rebondissements au fil de l’histoire.
Bien que le scénario évolue en permanence et ne cesse de voir des pièces s’ajouter le rendant par la même de plus en plus riche, on constate une diversité rythmique entre les différentes parties. Par exemple, tandis que la première est dynamique à souhait et met magnifiquement en scène la relation mère-fille, l’arc suivant, décrivant l’apprentissage d’Erin qui élargira ses connaissances, abordera un ton plus léger avant de regagner en intensité par la suite. On retrouve d’ailleurs dans ces passages ayant une cadence atténuée, des éléments propres à certains animés des années 80. Mme Ueashi Nakoto en profite pour adoucir rapidement l’ambiance et commencer à développer son travail sur l’aspect relationnel hommes-bêtes qui sera, bien entendu, le cœur de l’histoire. C’est clairement dans ces moments là que le côté « enfantin » voulu par l’auteur ressort le plus nettement avant de disparaître au fur et à mesure que l’histoire continue son chemin penchant alors de plus en plus vers sa face sombre. De ce fait, même si l’œuvre bénéficie d’une narration allégée et est, par conséquent, abordable pour les plus jeunes d’entre nous, il est fortement conseillé de ne pas en déduire que la maturité de la série s’en trouvera limitée, à moins de vouloir passer à côté d’un scénario complet à tout les niveaux et regorgeant de bon nombre de rebondissements. Par ailleurs, on voit difficilement comment des enfants pourraient comprendre pleinement toute la dimension de l’œuvre et la densité des personnages au moins aussi étoffés que ceux de Seirei no Moribito.
On en vient ainsi à se pencher sur l’importance des divers protagonistes de Kemono no Souja Erin, véritables piliers d’un scénario déjà bien solide en lui même. Ne le cachons pas, on retrouve une nouvelle fois des éléments issus des animés d’antan comme les deux « joyeux imbéciles » qui rappelleront Sancho et Pedro des Mysterieuses Cites Or. Si leur existence peut gêner véritablement à leurs premières apparitions, ces derniers, bien que toujours présents au cours de l’histoire, resteront largement en retrait et n’apparaîtront qu’à de rares occasions pour détendre l’atmosphère quand la situation y est propice. Finalement, on s’adapte rapidement à eux et on fini même par les apprécier suffisamment pour sourire en leur compagnie. Outre ces derniers, à la vue de sa durée, Kemono no Souja Erin se devait d’avoir une large variété de personnages secondaires. Bien entendu, ils n’ont pas une réelle incidence sur l’histoire mais permettent de combler agréablement les passages dont l’intensité est moindre. Plus intéressant maintenant, on dénombre également une certaine quantité de protagonistes principaux qui sont, pour la plupart, tiraillés par un douloureux passé guidant leurs actes. Si chacun suit sa voie au début sans avoir connaissance des agissements des autres, ils finiront irrémédiablement par voir leur destiné se croiser. Certains d’entre eux ressortent du lot comme la mère de Erin qui dégage cette expression tantôt triste en regardant les Toudas et à la fois chaleureuse et protectrice envers sa fille. Comme dit précédemment, la relation Soyon-Erin est somptueuse et est un vrai délice à suivre. Attendrissant, touchant, ce lien maternel donne au premier arc un goût subtil qui restera en bouche tout le long de l’histoire.
Maintenant, si les divers protagonistes représentaient les nuages dans le ciel, Erin en serait clairement le soleil. Resplendissante de bonté, d’amour, de sincérité… pouvoir contempler l’évolution d’une telle héroïne sur une si longue durée est un véritable privilège. Alors qu’étant enfant, le monde lui apparaissait éclatant et sans contrainte, Erin va finir par grandir en découvrant le vrai visage terni de ce dernier et en étant pleinement consciente qu’en raison de ses actes délibérés, une épée de Damoclès tourne autour de sa tête pouvant lui trancher la gorge à tout instant. Toute la magnificence du personnage se trouve dans le fait que quand bien même son destin semble la conduire à une mort certaine, elle ne cessera pas un seul instant de garder la tête haute avec ce regard vert émeraude à la fois symbole de la pureté de ses désirs et de la force de sa détermination. Comment ne pas être fasciné par cette enfant et par ce lien qui se noue entre elle et Lilan. Une relation homme-bêtes loin d’être idéalisée par l’auteur en raison des nombreux conflits de force qui perdurent entre les deux et ceci, malgré l’apparition d’un certain degré de confiance de l’un envers l’autre. Cette notion d’amitié est donc loin d’être embellie et donne à l’animé ce côté sérieux qui lui va si bien. On conviendra d’ailleurs à dire que même si le scénario est loin d’être complexe, l’histoire aura été traitée en permanence avec un grand savoir-faire en terme de rigueur et de justesse dans les divers thèmes abordés.
En clair, Kemono no Souja Erin nous offre un moment d’évasion empreint d’une certaine nostalgie en raison de ce style graphique pastel et du déroulement du scénario que l’on pouvait trouver dans les animés d’antan. Malgré le fait qu’elle possède des éléments clairement destinés à un jeune public, il est conseillé de ne surtout pas sous estimer la maturité de la série qui n’a rien à envier à celle de Seirei No Moribito. En effet, à l’image de son OST, cet animé est une œuvre enchanteresse qui saura captiver sans mal les plus jeunes comme les plus grands d’entre nous. Le seul défaut pour certains sera ce rythme à peine saccadé vers le milieu de la série avec notamment un passage contemplatif mais néanmoins prenant et essentiel au bon développement de l’histoire. À noter de plus que l'on nous offre ici certainement le meilleur personnage féminin de l’année 2009 en la personne d’Erin. Cette dernière est réellement bluffante de par son évolution et de par la force de ses convictions qui emplit son regard. À travers elle, c'est le rapport qu'entretient l'homme avec le milieu naturel et, plus précisément, avec les Toudas et les Ohjus qui est mis en avant d'une manière unique et bien souvent onirique. Par conséquent, Kemono no Souja Erin peut être considérée comme un chef d’œuvre littéraire retranscrit avec justesse et talent en animé. Après 50 épisodes d’une qualité continue et un final si dense en rebondissements et en émotions, on s’accordera à dire qu’il s’agit d’une perle extrêmement rare à ne surtout pas rater ! Plus qu’une histoire à voir, une aventure à vivre et à ressentir pleinement, tout simplement.
-Syaoran-
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Kemono no Souja Erin © 2009 UEHASHI Nahoko / Trans Arts Co., Production I.G
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